Alliance Maladies Rares

Maladies rares et recherche

 

Le mot de la présidente

 

Septembre est là, et nous comptons que le voile d’interrogations qui enveloppe le PNMR II se dissipe dans les semaines à venir.

Le Plan National Maladies Rares II comprend 7 axes (diagnostic, soins et prise en charge medico-sociale ; recueil de données, connaissance des maladies rares et de leurs conséquences médico-socio-économiques ;  recherche ; médicaments spécifiques ; prise en charge financière et remboursements ; formation, information et soutien aux actions associatives ; coopération européenne et internationale), et 82 actions qui s’y rapportent.

Les enjeux auxquels répondent les actions du Plan sont essentiels pour les malades. Ils sont donc au cœur de nombreuses actions que l’Alliance a entreprises afin de faire progresser la qualité de vie et de prise en charge des malades.

L’énergie déployée pour défendre un plan ambitieux conservant son intégrité ne nous a pas détournés de nos activités permanentes qui s’inscrivent naturellement dans les 7 axes du plan. La recherche, les médicaments, l’accès aux soins, l’information, le dépistage et le diagnostic sont au cœur de nos activités.

Nous allons vous adresser dans les semaines à venir une série de lettres d’information qui traiteront chacune d’un thème relevant de l’un des 7 axes du plan.

Nous comptons ainsi vous informer des mesures comprises dans le projet de plan (à comparer ensuite avec le plan final quand il sortira), des actions ou projets d’actions d’Alliance Maladies Rares dans ces domaines, le tout avec des éclairages d’experts et de responsables associatifs.

Le premier des thèmes abordés est celui de la recherche.

Alliance Maladies Rares a décidé d’accentuer ses efforts dans ce domaine.

Pour ce faire elle a constitué un groupe de travail qui doit remettre des propositions de nature à s’assurer que l’Alliance réponde davantage aux attentes des associations. De nouveaux axes d’investissement de l’Alliance dans la recherche seront communiqués d’ici à la fin de l’année.

De plus, Alliance Maladies Rares va intégrer prochainement le collège des membres fondateurs de la Fondation de Coopération Scientifique (FCS) pour les Maladies Rares et les médicaments orphelins. Cette FCS,  nouvel outil au service de la recherche, prévu par le PNMR II, est un outil d’impulsion et de conseil en matière recherche. Elle aura pour mission : le développement des plateformes et des services pour la recherche sur les maladies rares ; la contribution à l’amélioration de la connaissance clinique des maladies rares, du diagnostic, du traitement et de la qualité de vie ; la contribution à la collecte de données cliniques sur les maladies rares ; la production d’indicateurs pour le pilotage en santé publique et en recherche ; la production, diffusion et mise à disposition d’ontologies et de thésauri sur les maladies rares ; la production, diffusion et mise à disposition d’informations et de connaissances sur les maladies rares ; la mise à disposition d’un guichet unique de coordination et d’appui au montage de projets de recherche.

Alliance Maladies Rares participe également aux travaux menés dans le cadre de l’appel à projets « Cohortes » du  grand emprunt.
Une cohorte consiste à suivre pendant plusieurs années ou plusieurs décennies une population de sujets, sains ou malades, afin d’étudier sur le long terme  de nombreux déterminants de la santé et leurs interactions avec les facteurs génétiques et environnementaux. Cet appel à projets vise donc à développer les cohortes existantes et en faire émerger de nouvelles.
Le premier de ces appels à projets vise à développer, sur la durée, un petit nombre de cohortes pour la recherche en santé :
- des cohortes existantes, pour assurer leur pérennité et élargir leur champ d'investigation ;
- de nouvelles cohortes destinées à couvrir des champs de santé publique encore peu étudiés.

Aux côtés de l’AFM, le plus important acteur de la recherche, Alliance Maladies Rares rejoint le conseil d’administration de Généthon.

Alliance Maladies Rares est donc bien présente dans le champ de la recherche et le sera encore davantage dans les mois qui viennent. Le Plan National Maladies Rares II viendra donner une nouvelle impulsion et des moyens supplémentaires pour mener à bien nos projets en matière de recherche.  Nous serons alors prêts à tirer le meilleur bénéfice des mesures du PNMR2 comme un levier pour nos actions au service des associations et des malades qu’elles représentent.


Viviane Viollet, Présidente

Les associations, acteurs incontournables de la recherche



Depuis 2002, et à partir de 2005 avec l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), un appel d’offres annuel de recherche sur les Maladies Rares a été mis en place. Il est géré par le GIS-Institut des Maladies Rares. Un total de 278 projets de recherche multidisciplinaires (dont 27 projets de réseaux associant cliniciens, biologistes et chercheurs) ont été financés pour un montant de plus de 67 M€, dont environ 16 M€ ont été apportés par l’AFM.

L'AFM est en effet un acteur majeur de la recherche sur les maladies rares. Son laboratoire Généthon est en train de construire, à Evry, le premier et le plus important laboratoire de production de médicaments de thérapie génique à l’échelle semi-industrielle au monde.

Au total, sur les essais qu'elle soutient (34), près de la moitié concerne des maladies rares, autres que neuromusculaires.

En parallèle, l'AFM s'est à nouveau associée à l'Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre de deux appels à projets incluant la thématique des maladies rares.
Par ailleurs, elle demeure le principal financeur du GIS-Institut des Maladies Rares.

L'AFM est également membre de la Fondation de coopération scientifique Imagine dont l'objectif est d'améliorer le diagnostic et le traitement des maladies génétiques en réunissant chercheurs, médecins et familles au sein de l'hôpital Necker à Paris.

Enfin, selon une enquête réalisée en 2010 par Eurordis, plus d’une association de malades sur deux en Europe soutient la recherche en aidant à recruter ou identifier des participants aux essais cliniques, ou en informant les potentiels participants, mais aussi pour plus d’un tiers d’entre elles en collaborant, en amont, aux choix des orientations d’un essai ou à la définition de son protocole clinique.

37 % des associations déclarent contribuer financièrement à la recherche. Plus de 70% ont financé un projet de recherche spécifique, tandis que la moitié a financé l’acquisition d’équipement et des bourses pour des jeunes chercheurs. Certaines apportent une somme supérieure à leur propre budget, en organisant des collectes de fonds spécifiques pour la recherche.

La recherche dans le Plan National Maladies Rares


La proposition de Plan National Maladies Rares remise le 21 juillet 2010 aux ministres de la Santé et de la Recherche comporte un axe 3 consacré à la recherche.

Trois objectifs spécifiques ont été identifiés pour cet axe :

1- Inscrire dans le Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC) la thématique « Maladies rares ». Inscrire dans le programme de l’ANR un montant minimum dédié à la recherche maladies rares. Créer un organisme national d’impulsion de la recherche en interface avec les acteurs publics et privés,
2- Promouvoir les outils permettant d'augmenter la connaissance sur les maladies rares et améliorer les modalités d’évaluation de la recherche,
3- Promouvoir le développement des essais thérapeutiques.


Des actions sont prévues pour atteindre ces objectifs.

Actions / Objectif 1 :

• Continuer à inscrire dans le PHRC la thématique prioritaire « Maladies rares ».
• Inscrire dans le programme de l'ANR un montant minimum dédié aux projets de recherche Maladies rares.
• Contribuer au financement et à la pérennisation du projet E-rare qui vise à promouvoir des projets de recherche transnationaux au niveau UE.
• Créer un organisme national d'impulsion et de conseil pour la recherche Maladies rares "maladies-rares-recherche" (M2R) et le fédérer avec les organismes nationaux ayant en charge l'information (Orphanet), et la Banque Nationale de Données Maladies rares (BNDMR). Définir les statuts permettant aux trois organismes (Orphanet, M2R, BMDMR) de remplir leurs missions et de rémunérer leurs personnels dans des emplois pérennes.
• Favoriser la synergie, dans un cadre national et international, entre les projets financés sur fonds privés (associations et industrie), dont M2R pourra assurer la conduite, et les projets de recherche académique.
• Organiser un guichet unique pour l'aide à l'élaboration et à la mise en oeuvre de projets (recherche public-privé, réseaux européens de référence...) sur le plan administratif et méthodologique y compris au niveau de l'UE (DG recherche et DG Sanco), Conseiller et accompagner la mission de recherche des filières maladies rares.


Actions / Objectif 2 :

• Renforcer et formaliser les liens entre les Plateformes Nationales de Laboratoires de Références MR (PNLRMR), les Plateformes de recherche autour de projets communs.
• Développer des centres de séquençage haut débit dans le cadre de ces partenariats.
Soutenir la collecte, la conservation, la duplication et la mise en réseau des échantillons biologiques concernant les maladies rares, dans le cadre du projet européen BBMRI (Biobanking and Biomolecular Resources Research Infrastructure).
• Financer le développement des modèles animaux et cellulaires des maladies rares (préclinique précoce)
• Promouvoir des travaux en sciences humaines et sociales sur les maladies rares.
• Clarifier, simplifier et synchroniser, par filière, les modalités de labellisation/désignation et d'évaluation des Centres de Référence MR, des PNLRMR, des Centres de Compétences, de leurs bases de données et de leur recherche.


Actions / Objectif 3 :

• Promouvoir la recherche thérapeutique (préclinique et phase I/II) dans le cadre de thérapies innovantes (nouvelles molécules, thérapies géniques et cellulaires) et de l'utilisation des médicaments existants (molécules utilisées hors AMM ou n'ayant pas l'AMM).
• Contribuer au financement et à la pérennisation du projet ECRIN, qui vise à faciliter les essais cliniques multicentriques transnationaux au niveau de l'UE.
• Favoriser la coopération européenne et internationale dans le domaine des bases de données, de la recherche et du médicament et la mise à disposition des rapports de recherche financés par la DG recherche.
• Identifier parmi les Centres d'Investigation Clinique (CIC), ceux concernés par les essais thérapeutiques sur les Maladies rares, les mettre en réseau et favoriser la mobilité de leurs personnels.
• Mettre en place un blog permettant aux centres de référence d'échanger, notamment sur les essais thérapeutiques de médicaments existants dans des indications hors AMM et sur les résultats obtenus, y compris négatifs.

 

De nombreux défis restent à relever


Malgré la dynamique qui s’est créée ces dernières années en France autour de la recherche sur les maladies rares , de nombreux défis restent à relever. Il existe une très grande hétérogénéité de l’état des recherches selon les maladies rares concernées. Même si un grand nombre de maladies rares bénéficient dorénavant d’outils diagnostics fiables, très peu d’entre elles bénéficient à ce jour d’approches thérapeutiques et très peu d’essais cliniques dédiés sont en cours. Une grande réactivité vis-à-vis des nouveaux outils et approches technologiques est indispensable pour faire face à ces défis. Des moyens importants sont à prévoir afin de mener les études patho-physiologiques et pré-cliniques indispensables au développement de nouvelles thérapeutiques. 

De nombreux points faibles demeurent quant à la prise en charge des malades et la recherche dans le domaine des maladies rares. Ces faiblesses tiennent essentiellement à la dispersion des structures dédiées aux maladies rares, chacune ayant des objectifs propres, certes convergents mais sans pour autant qu’une stratégie commune soit à ce jour clairement établie. Cette situation engendre également un éclatement des sources de financement, y compris pour une même pathologie. Depuis la mise en place de l’ANR, les appels d’offre spécifiques MRAR puis GENOPATH ont permis de pallier partiellement cette situation en permettant aux chercheurs de conduire des projets transversaux financés sur des périodes de 3 à 4 ans. Ce fléchage spécifique maladies rares est aujourd’hui suspendu, avec pour conséquence une inquiétude légitime des acteurs académiques quant au soutien institutionnel à un problème de santé publique et quant à la politique nationale de soutien à long terme sur les maladies rares.

Par ailleurs, la rareté de chacune des maladies rares est un élément qui, jusqu’à peu, a freiné l’implication des industriels du médicament pour le développement de thérapeutiques spécifiques.   

Dans ce paysage, trois éléments positifs sont à considérer :

    1 – le renouvellement attendu du Plan National Maladies Rares (PNMR2) ;
    2 – l’intérêt affiché et grandissant des industriels du médicament et des biotechnologies pour les maladies rares ;
    3 – la mise en place d’une Fondation de Coopération Scientifique pour les maladies rares et les médicaments orphelins.

    En effet, afin d’augmenter la visibilité de la recherche sur les maladies rares à l’échelon national et européen, il est indispensable d’atteindre une masse critique de ressources et d’expertises. La réflexion engagée aujourd’hui par les acteurs institutionnels porte sur le développement d’une structure de coordination (la fondation de coopération scientifique) qui permettrait une gestion globale des problématiques de recherche autour des maladies rares grâce à l’implication de partenaires publics, d'industriels et d'associations de malades. Cette structure, en agissant  comme une agence de réflexion stratégique d’une part, et une agence de moyens d’autre part, participerait de façon évidente à la reconnaissance et la valorisation des expertises diverses et complémentaires, dont une recherche efficace et compétitive a besoin.

 

Votre avis nous intéresse


Afin de mieux cerner les besoins et les attentes des associations et des malades en matière de recherche, et ainsi mettre en place un plan d'actions adéquat, nous avons besoin de cerner au mieux l'implication des associations dans la recherche, ainsi que l'impact concret de la recherche sur la vie des malades.

Pour cela, nous avons besoin de votre contribution, qu'elle prenne la forme d'une réponse aux questions ci-dessous, d'une contribution libre ou d'un témoignage de président d'association ou de malade sur le thème de la recherche.

Quelles sont selon vous les mesures à mettre en place pour développer encore plus la recherche sur les maladies rares ?
Votre association œuvre-t-elle dans le domaine de la recherche ?
Des membres de votre association ont-ils participé ou participent-ils à des essais cliniques ?
Une découverte scientifique a-t-elle eu un impact significatif sur votre maladie ?

N’hésitez pas à nous faire part des actions ou des projets de votre association.

Faites-nous parvenir aussi des témoignages de malades ayant participé ou qui participent actuellement à des essais cliniques ou thérapeutiques.

Nous vous en remercions par avance.